La femme de ménage de Freida McFadden

Quand Millie découvre des médicaments antipsychotiques dans la salle de bain de sa nouvelle patronne, elle commence sérieusement à se poser des questions. Il faut dire que Nina Winchester est loin d’être une employeuse ordinaire. Depuis son arrivée chez les Winchester comme gouvernante, Millie ne sait jamais sur quel pied danser : un jour, Nina la couvre d’éloges ; le lendemain, elle l’humilie, l’accuse de séduire son mari ou d’essayer d’empoisonner sa fille, Cecelia.

Mais Millie a désespérément besoin de ce travail. Avec un passé compliqué et une situation financière précaire, elle s’accroche à cette place qui pourrait pourtant bien se transformer en piège…

La Femme de ménage est l’un de ces phénomènes éditoriaux dont on entend parler partout. Les avis enthousiastes s’accumulent, les lecteurs enchaînent les tomes… et j’avais très envie de comprendre l’engouement. Malheureusement, l’expérience a été beaucoup moins convaincante que prévu pour moi.

Le point de départ est pourtant redoutablement efficace. Freida McFadden exploite parfaitement les codes du huis clos : une grande maison aux allures de décor de rêve, une employée vulnérable qui dépend de ses patrons, une famille qui semble cacher de lourds secrets. L’autrice sait installer une tension immédiate et créer cette sensation désagréable d’être enfermé avec Millie, sans jamais savoir à qui faire confiance.

Là où le roman m’a davantage perdue, c’est dans sa mécanique. Les rebondissements semblent parfois moins naître de la logique des personnages que de la volonté de maintenir le lecteur en état d’alerte permanente. Plus largement, le roman guide aussi un peu trop ostensiblement ses lecteurs vers ses grandes révélations, ce qui réduit l’effet de surprise tant espéré à la fin du roman.

On comprend néanmoins le succès de cette série : les chapitres courts, le rythme soutenu et les nombreux retournements en font une lecture extrêmement addictive. La Femme de ménage est donc sans doute une excellente porte d’entrée vers le thriller psychologique, mais les lecteurs plus familiers du genre risquent de rester sur leur faim face à une intrigue qui privilégie parfois l’effet de surprise à la subtilité.

Freida McFadden, La femme de ménage, J’ai Lu, 2023.

Note : 2.5 sur 5.

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