De bons présages de Terry Pratchett et Neil Gaiman

Rampa et Aziraphale sont les plus vieux amis du monde, littéralement. Le premier est un démon, et le second un ange. Ils se sont rencontrés pour la première fois dans le jardin d’Eden et sont vite arrivés à un accord : ne pas se mettre des bâtons dans les roues. A l’occasion, le démon réalise un miracle, ou l’ange une tentation, histoire de rendre service. Les objectifs sont atteints et la hiérarchie est satisfaite.

Mais tout risque de prendre fin de manière assez brutale. Rampa s’est vu confier une mission de la plus haute importance : accueillir l’Antéchrist sur terre. Le Bien et le Mal ont décidé de s’affronter une dernière fois durant l’Apocalypse. Pour Rampa et Aziraphale, c’est une catastrophe. Mais… Peut-être est-il encore possible d’éviter la fin du monde ?

Soyons honnête, De bons présages est un joyeux bordel. L’Antéchrist, cet être supposément maléfique aux pouvoirs illimités, a 11 ans et une furieuse envie de changer le monde. Vous devez vous attendre à tout et même plus encore durant cette lecture : des martiens avec un vague message de paix, des tibétains qui sortent de tunnels, l’Atlantide qui réapparait soudainement, le kraken qui s’attaque aux baleiniers, sans compter les anges, les démons, les cavaliers de l’Apocalypse, les sorcières et les chasseurs de sorcières. Vous avez l’impression que c’est brouillon ? Ça l’est. Mais qu’est-ce que c’est drôle ! Un humour très britannique, proche des Monty Phytons, teinté d’une légère obsession pour le groupe Queen.

Madame Tracy entendit le pas lent de Mr. Shadwell gravir l’escalier. Il traînait plus qu’à l’accoutumée, et s’interrompait toutes les deux ou trois marches. D’habitude, il montait les marches comme s’il les haïssait toutes, individuellement.

Terry Prarchett et Neil Gaiman nous proposent une version complètement barrée de la fin du monde qui change de ce qu’on a l’habitude de lire sur ce sujet. Et si on accepte de laisser son cerveau au vestiaire, on se laisse vite séduire par cette écriture flegmatique et par ces deux héros que tout oppose. Bien sûr, il ne faut pas non plus se laisser avoir par cette apparente légèreté. Il y a aussi une vraie réflexion sur le Bien et le Mal, car il y a un peu des deux chez l’Ange et le Démon, mais aussi sur le futur qu’on laisse à nos enfants et sur notre libre arbitre face au « grand plan ineffable de Dieu ».

Alors, est-ce que De bons présages est le livre idéal pour se remonter le moral pendant un confinement ? Définitivement. Est-ce que ça vaut la peine de le lire si on a déjà vu la série ? Non, sauf si on a comme moi une passion pour David Tennant qui campe un Rampa fascinant. Il semblerait que Terry Prarchett et Neil Gaiman aient trouvé le parfait équilibre entre roman et scénario. Résultats : la série reprend toute la structure du livre et les dialogues presque mot pour mot, mais il faut admettre que ça marche tout aussi bien. Honnêtement, lisez l’un ou visionnez l’autre, le plaisir sera le même.

Terry Prarchett et Neil Gaiman, De bons présages, J’ai Lu, 1995.

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