Histoires de la nuit de Laurent Mauvigner

411d5lm4K9L._SX303_BO1,204,203,200_C’est l’effervescence dans le petit hameau isolé des Trois Femmes Seules. Marion fête ses 40 ans, son mari Patrice, sa fille Ida et sa voisine Christine lui préparent une petite surprise. Quelques guirlandes, des petits plats préparés et des gâteaux d’anniversaire, de quoi célébrer comme il se doit cette date importante. 

Malheureusement, pendant que tout le monde s’affaire, des ombres rôdent autour des trois maisons. Très vite, le chien de Christine ne répond plus à l’appel et les habitants du hameaux se retrouvent pris au piège de leur propre isolement. Mais qui sont ces hommes qui s’invitent à la fête ? 

Histoires de la nuit est un huis clos sans action, ou si peu, où la violence se cache souvent dans les silences de ses personnages. On tait les humiliations, la fatigue, les blessures, l’ennui et la colère, jusqu’à l’écœurement. Quand vient l’heure de rendre des comptes, Laurent Mauvigner donne corps aux émotions de tous les acteurs de cette prise d’otage, nous donnant presque l’impression de pouvoir les effleurer du bout des doigts. 

[… ] même si personne ne savait pourquoi elle avait décidé de s’enterrer dans un bled pareil alors qu’elle aurait pu s’installer au soleil, au borde la mer, dans des pays plus accueillants, plus doux, moins quelconques, non, ça, personne ne le saurait, se le demandant longtemps parce que, même s’ils aiment leur région, les gens ne sont pas cons au point de ne pas voir combien elle est banale et quelconque quand elle est comme ici, plate et pluvieuse, avec zéro touriste pour venir se frotter à l’ennui qui se dégage de ses sentiers, de ses rues, de ses murs détrempés – et sinon, pourquoi auraient-ils tous rêve un jour ou l’autre d’en foutre le camp ?

À noter : le style littéraire est pour le moins singulier. Les pensées, les dialogues et les souvenirs se chevauchent sans cesse, dans des phrases extrêmement longues, comme si Laurent Mauvigner était en permanence à la recherche du mot juste. Mais l’auteur ne nous laisse jamais le temps de nous essouffler et on s’habitue assez vite à ce rythme lent qui monte crescendo au fur et à mesure que la vérité se dessine.

Laurent Mauvigner, Histoires de la nuit, Editions de Minuit, 2022.

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